Jusqu’à présent, ce manga de Sato Makoto ne m’avait pas vraiment impressionné. Le concept de base paraît pourtant très intéressant : un transparent est un humain dont les pensées transparaissent à son insu et deviennent perceptible par les autres individus alentours. D’après l’histoire, il n’en existe qu’un sur 10 millions d’habitants et les gouvernements les protègent car ce sont généralement des génies en puissance. Mais, ils ne doivent pas découvrir leur véritable nature, sous peine de perdre la raison et très probablement de se suicider, ne pouvant supporter cette violation involontaire de leur vie privée.

Malheureusement, dans le premier volume, on avait seulement à faire à des petites histoires sans réel lien entre elles. Le deuxième tome avait changé la donne avec un début de toile se tissant entre les différents protagonistes, transparents pour la plupart mais également les agents chargés de leur sécurité. Avec le troisième, la tendance se confirme dans le bon sens. Certains personnages possèdent désormais un véritable passé, qui justifie leur existence dans le présent de l’histoire. De véritables questions sur la condition du transparent avaient été posées dès le départ. Les réponses ne nous sont pas encore révélées (si tant est qu’elles le soient un jour) mais le débat progresse et les limites de la protection des transparents deviennent de plus en plus précises.

C’est d’ailleurs ce point-là qui depuis le début pose un gros problème. Pour éviter de révéler aux transparents qui ils sont réellement, la population toute entière doit feindre de ne pas avoir conscience de ces pensées volages sous peine de poursuites judiciaires. Comment cela pourrait-il être vrai ? La probabilité d’erreur et d’accident est bien trop grande, surtout avec les enfants. Mais hormis ce postulat bien particulier, sur lequel l’auteur ne s’étend d’ailleurs pas, le reste du scénario pourrait passer pour plausible.

Autre petit point noir à mon sens, la qualité graphique du titre. Ne cherchez pas là une nouvelle référence dans l’univers du manga. Le dessin est ici purement utilitaire, fonctionnel. L’auteur semble avoir au moins le mérite de connaître ses limites et ne se lance pas dans des grandes tentatives esthétiques non maîtrisées. Si les décors apparaissent généralement très convaincants, les personnages eux manquent de finesse voire de finition. Non pas que le dessin soit laid, il reste relativement simpliste et peu avenant. Pour ma part, ces défauts sont suffisamment pour classer Transparent dans la catégorie des manga intéressants mais dont on peut se passer.

Chronique publiée le 06 décembre 2004
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