« Ce ne sont pas des être humains ! »

Après la publication de GTO, Tôru Fujisawa s’est lancé dans la création de deux nouveaux manga Tokkô, en 2004, et Rose Hip Rose, en 2006, dont je parle dans une autre chronique. Tous deux très différents de son oeuvre principale, Tokkô est celui qui s’en détache le plus. Si vous avez aimé GTO, je vous suggère dans un premier temps de vous tourner vers Rose Hip Rose qui est une transition moins radicale, bien que Tokkô gagne également à être connu. A l’heure où j’écris ces lignes, Tokkô en est déjà à son deuxième volume et a déjà dépassé le stade de publication qui avait été atteint à l’époque de feu Shônen Collection.

2011. Ranmaru Shindô est inspecteur adjoint à Shibuya, un quartier célèbre de Tôkyô. Lors d’une intervention, il se fait agresser par un individu inconnu à la force musculaire surhumaine. C’est alors que l’unité spéciale Tokkô entre en jeu pour lui sauver la vie par l’intermédiaire du Sakura Rokujo, une de ses membres. Sans ménagement, elle découpe littéralement l’agresseur en morceaux grâce à son épée. En dehors de l’arme assez anachronique, Shindô n’est pas au bout de ses peines puisque son agresseur semble avoir été lui-même la victime de parasites pour le moins anormaux, sortes d’insectes à forme humaine. De ce jour vont découler de nombreux événements surnaturels en rapport avec le « Massacre de Machida » dont Rokujo et Shindô sont des survivants.

Vous l’aurez compris, là où Rose Hip Rose se déroulait dans un monde réaliste, Tokkô baigne littéralement dans le fantastique et le gore. Il n’est pas étonnant d’ailleurs de voir le titre publié par le label Senpai de Pika, réservé à un public averti (bien qu’aucune limite d’âge n’ait été fixée pour la vente). Véritable OVNI dans la carrière de l’auteur, Tokkô montre si c’était nécessaire que Tôru Fujisawa est capable d’audace et d’originalité. Son dessin noir et marqué fonctionne à merveille dans cet univers empli de ténèbres et se déroulant principalement la nuit.

Côté scénario, nous sommes en revanche face à un shônen dans la plus pure tradition. En effet, Shindô, Rokujo et les autres membres de la Tokkô vont devoir affronter 108 démons majeurs pour avoir une chance mener à bien leur quête. Chacun d’entre eux étant bien entendu plus fort que le précédent. Les deux premiers volumes voient la mort du douzième, ce qui laisse encore 96 prétendants à éliminer, et de nombreuses planches à dévorer. Espérons que le schéma shônen classique ne s’épuise pas trop vite et que Tôru Fujisawa trouve des ressorts salutaires pour raviver la flamme si elle vient à faiblir (on se rappelle tristement la perte de vitesse des derniers volumes de GTO).

Quoi qu’il en soit, nous n’en sommes pas là aujourd’hui. Tokkô n’est pas le titre le plus original de l’année sur le marché français mais permettra aux fans de l’auteur de renouveler leur collection plus efficacement qu’avec Shônan Junai Gumi Young GTO. Je réitère cependant mon conseil aux amateurs de Tôru Fujisawa. Si vous avez aimé GTO, Tokkô pourrait vous surprendre, voire vous rebuter. Rose Hip Rose vous est alors plus destiné.

Chronique publiée le 24 février 2008
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