« Que tout le monde trouve à jamais le bonheur »

KIKUCHI Yume est une jeune magicienne débutante. L’histoire commence alors qu’elle arrive chez son formateur en vue de passer son diplôme de sorcière et de pouvoir officier à son compte par la suite pour venir en aide à ses futurs clients. C’est ainsi qu’elle rencontre OYAMADA Masami qui dirige sa propre officine de magie à Tokyo et qui va devenir son maître. Au cours de sa formation, Yume va apprendre la dure loi de la magie, passant par des succès éclatants, des échecs incompris et des méprises malvenues. De nature naïve, ses idéaux purs et absolus vont être malmenés par les réactions de ses clients et des personnes qu’elle croisera sur son chemin. Le parcours initiatique de la jeune sorcière en devenir est semé d’embûches qu’elle devra surmonter.

Autant vous prévenir tout de suite, ne cherchez pas un scénario très compliqué dans Someday’s dreamers, le charme est ailleurs. Le titre respire la légèreté et la fraîcheur de la jeunesse de Yume. Personnage central de cette courte histoire en deux tomes, elle illumine l’univers par sa bonne volonté et son coeur d’une énorme générosité. En contre-partie, nous avons là un manga que les amateurs de romans policiers aux intrigues complexes laisseront probablement de côté. Le scénario ne laisse pas une grande place à la surprise, le chemin de Yume semblant tout tracé malgré les quelques noeuds dramatiques logiquement présents dans le récit. La structure de l’histoire est divisée en chapitres reprenant tous ou presque une mission de la jeune sorcière, ce qui n’apporte malheureusement pas beaucoup d’originalité au titre. D’autant plus que le scénario très court laisse de nombreuses portes ouvertes qu’il aurait été intéressant d’explorer.

Mais le véritable intérêt de Someday’s dreamers réside dans son graphisme. Son dessinateur, YOSHIZUKI Kumichi, ancien assistant de FUJISHIMA Kosuke (auteur du manga Ah ! My Goddess) signe là des planches d’une grande finesse, épurées et au charme ravageur. Les personnages incarnent parfaitement la légèreté ambiante du titre. En plus de l’énorme travail de finition apporté aux dessins, le découpage des planches a également bénéficié d’un soin tout particulier privilégiant la simplicité et l’efficacité. Le travail de YOSHIZUKI reste fidèle à celui de FUJISHIMA et ça n’est pas pour me déplaire. Pour terminer, les pages en couleurs présentent des illustrations d’une qualité exceptionnelle qu’il serait dommage de laisser de côté.

Pour conclure, vous l’aurez compris, je vous conseille fortement de vous pencher sur le cas Someday’s dreamers, pour peu que les histoires légères où la magie vient du coeur ne vous rebutent pas. Pour les autres, laissez-vous peut-être tenter par la beauté des dessins de ce manga qui mérite qu’on s’intéresse à lui malgré son prix relativement élevé.

Chronique publiée le 15 juin 2005
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