Dans le tome précédent, chroniqué ici, Saitô faisait son entrée dans le service de réanimation néo-natale et on y découvrait son combat pour sauver un bébé prématuré atteint du Syndrome de Down que ses parents envisageaient de ne pas reconnaître. Ce quatrième volume continue sur la lancée et Saitô reste encore et toujours confronté à la volonté inflexible du père de l’enfant de ne pas assumer la vie « anormale » de sa progéniture.

SATO Syuho nous entraîne à nouveau dans la démarche militante de son personnage principal. Mais l’auteur aborde également cette fois les problèmes liés à la stérilité (dont les effets secondaires des traitements agissant contre) et à l’acceptation d’un enfant différent, doté de particularités génétiques qualifiées par le commun des mortels d’anormales. Même si les revendications de Saitô sont toujours aussi virulentes, elles deviennent plus réfléchies et l’implication du personnage qui en découle plus mature.

Toujours servi par une édition de grande qualité de la part de Glénat, Say Hello to Black Jack est une illustration parfaite du seinen moderne, certes subjectif mais engagé, brossant un tableau réaliste et crédible bien que critiquable de la société actuelle au Japon. Le manga reste toutefois indissociable d’une réflexion sur le monde médical et sur la signification de la vie et de la mort. Le lire sans prendre du recul serait une erreur tant, à mon sens, il ne s’agit pas là d’une simple distraction.

Chronique publiée le 15 février 2005
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