Comment décrire au mieux Monster ? Plus qu’une simple enquête policière, pas tout à fait un récit historique, précisément une fiction très dense, très structurée et diablement addictive.

A chaque nouveau volume, on peut apprécier un peu plus le génie narratif et graphique de Urasawa Naoki. Les tomes 16 et 17 représentent ce que l’on pourrait appeler le « début de la fin ». Toutefois, même s’ils amorcent la clôture de cette épopée, ils ne révèlent rien de l’épilogue probablement sanglant du dernier volume qui devrait arriver par chez nous au courant du mois de Janvier 2005. L’énigme reste entière. Johann reste encore et toujours le monstre hypothétique que l’on connaît.

Monster - Vol. 17Si je présente ces deux volumes ensembles, c’est qu’il m’a paru impossible de finir la lecture du tome 16 sans entamer immédiatement le suivant. Tant au niveau du dessin que du scénario, la maëstria de l’auteur se fait sentir un peu plus à chaque page. Les pièces du puzzle se mettent doucement en place, éludant petit à petit le voile de brume qui persiste sur le mystère Johann. Les silhouettes deviennent étrangement familières, les victimes de plus en plus attachantes. Le trait s’accorde parfaitement avec cette nouvelle tendance scénaristique, flirtant avec la perfection des courbes pour Johann et des segments hachés pour Tenma, Nina et les autres souffre-douleurs du « monstre ».

Le seul reproche que l’on pourrait faire à Monster tient à sa densité scénaristique très importante. Mais c’est aussi ce qui rend le titre si profond et si travaillé. L’imbrication des événements est telle qu’il me paraît difficile d’envisager cette oeuvre sans que son auteur ne l’ait conçue dans son entièreté dès le départ. Rien n’est vraiment laissé au hasard, chaque élément trouve sa justification (ou est sur le point de la trouver). Un seul conseil : laissez-vous entraîner par le docteur Tenma Kenzo dans cette chasse à l’homme.

Chronique publiée le 22 novembre 2004
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