On savait le cinéma américain dans une crise de créativité aiguë, mais il semblerait que les têtes pensantes des studios soient tombées bien bas.

Super Mario Bros, Street Fighter ou encore Doom font partie de ces chefs-d’oeuvre du jeu vidéo, immortalisés sur cartouche, qui n’ont pas eu l’honneur d’éviter l’adaptation cinématographique. Il est de tradition que les adaptations de jeu terminent en nids à poussière sur les étagères de DVD au fond d’un carton. Même s’il est toujours plaisant de se remémorer le jeu d’acteur de Jean-Claude Van Damme, voir ternir le mythe est toujours difficile. Quelques longs métrages ont certes réussi à tirer leur épingle du jeu, tels Lara Croft : Tomb Raider ou encore Final Fantasy : The Spirits Within, mais leur statut d’exceptions confirme malheureusement le triste bilan.

C’est le 18 juillet prochain que sort Dead or Alive dans les salles obscures. Fidèle illustration du carton vidéo-ludique dont il est tiré, ce film pourrait être caractérisé de fin et subtil. Fin de par son scénario pour commencer. Comprenez par là une finesse telle qu’il en devient transparent. Le résumé de la fiche d’Allociné l’exprime mieux que moi : « Quatre femmes […] finissent par s’allier pour lutter contre un homme qui veut contrôler le monde. » Que dire de plus ? Bourrée d’originalité, la communication du film rivalise d’audace pour séduire un public bien entendu exclusivement masculin. La bande-annonce est on ne peut plus explicite : « Elles ont souvent ce qu’elles aiment. Elles savent ce qu’elles veulent. Et les hommes ont très souvent envie de se les faire. »

Cependant, que demander de plus d’un jeu qui a donné naissance à des produits dérivés comme Dead or Alive : Extreme Beach Volley, erzatzt de jeu de beach volley tout juste bon à rincer l’oeil des plus pervers. Ou comment fantasmer sur un tas de pixels. Mais si je souhaite volontiers un échec à ce « film », il me parait malheureusement évident que la production rentrera dans ses frais. Le plus navrant étant que, de ce fait-là, d’autres initiatives du genre continueront à voir le jour.

Chronique publiée le 10 juillet 2007
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