« Ecrasez-le à plates coutures »

Depuis Hikaru no Go qui se déroulait dans l’univers du jeu de go, Obata Takeshi réalise le tour de force de proposer de vrais titres shônen atypiques. Associé à Ohba Tsugumi, Bakuman prend cette fois-ci comme thème la création de manga. Face à des titres plus conventionnels comme One Piece ou Naruto, le choix est audacieux.

En effet, les valeurs du shônen comprennent l’amitié, le dépassement de soi ou encore le sacrifice pour ses amis. La plupart des titres de cette catégorie choisissent des voies plus évidentes comme l’aventure, les combats ou encore le sport. Tant de domaines où l’expression même du shônen trouve toute sa dimension grâce à la tension et la rythmique des affrontements.

Obata ne s’est visiblement pas laissé séduire par les sirènes de la facilité. Cependant, Bakuman reste un vrai shônen dans l’âme et ce quinzième tome rend encore une fois hommage au genre. L’histoire suit un certain nombre de jeunes auteurs publiés dans le magazine de prépublication Weekly Shônen Jump et, plus précisément, le duo formé par Saïko et Shûjin : Ashirogi-sensei.

Prenant place dans un contexte réel (on y parle de Oda Eichiro, auteur de One Piece, lui aussi publié dans le Weekly Shônen Jump), Bakuman puise sa force dans les difficultés réelles rencontrées par les auteurs de manga : mise en concurrence par les responsables éditoriaux, angoisses de la page blanche, ambitions, etc. Tout cela crée une tension palpable dans chaque chapitre et le duo principal permet de rebondir sur les valeurs plus humaines. A la lecture, on ne se contente pas de tourner les pages et de subir le texte mais on vit littéralement la passion des protagonistes et on en vient parfois même à souffrir avec eux.

Si vous ne connaissez pas encore Bakuman, laissez-vous tenter. Cinq tomes sont encore à paraître, la série originale, terminée au Japon, en comptant vingt.

Article également paru sur Bande Dessinée Info

Chronique publiée le 18 août 2013
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