En ce début 2006, il est temps de regarder en arrière et de faire un petit bilan de l’année 2005. Je ne vous cacherais pas que, malgré une année mouvementée par beaucoup d’actualité manga, le résultat est au final en demi teinte, ni bon, ni mauvais.

Le panorama français montre ses limites. C’est ainsi que l’on a pu voir disparaître plusieurs éditeurs dont J’ai Lu, éditeur historique qui disposait il fut un temps de manga de premier ordre comme City Hunter. De même, on peut noter l’arrêt de la publication des magazines dédiés comme Le Virus Manga ou Mangajima, respectivement après 8 et 6 numéros. Force est de constater que l’émergence d’un très grand nombre de nouveaux titres n’a par contre pas augmenté le pouvoir d’achat des consommateurs, qui s’en retrouve évidemment divisé et réparti entre les différents éditeurs. De ce fait, les recettes par éditeur diminuent et d’autant la marge de manoeuvre pour leur politique éditoriale. Cela n’a pourtant par refroidi les maisons Fleuve Noir et Bamboo qui ont respectivement lancé les labels Kurokawa et Doki Doki dans le courant de l’année. Reste à citer le rachat de Tonkam par les éditions Delcourt qui disposent déjà du label Akata et l’arrêt des deux derniers magazine de prépublication manga qu’étaient Magnolia et Shônen Collection. Ces nouveaux événements nous ont prouvé une fois de plus que le marché français ne pouvait être calqué sur son homologue japonais.

Côté bonnes nouvelles, nous sommes pourtant bien servis. L’actualité cinématographique 2005 a été relativement bien chargée. Outre les adaptations live très attendues de Nana et Initial D, nous avons eu droit aux sorties sur nos écrans français du premier volet d’Appleseed et de la dernière production Ghibli signée Hayao Miyazaki : Le Château Ambulant. Fin 2004, un autre grand film paraissait dans nos contrées : Innocence, suite de Ghost in the Shell que l’on ne présente plus.

L’exposition médiatique du Japon et des manga en général a également été revue à la hausse l’année dernière. De nombreuses émissions documentaires sur le sujet ainsi que sur les mangaka en particulier ont ainsi été diffusées sur les chaînes généralistes. Cette avancée significative dans les mentalités médiatiques a été amplifiée par la commémoration du soixantenaire de la fin de la seconde guerre mondiale mais aussi des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki en Août 1945.

Pour terminer, 2005 nous aura également réservé son lot de bonnes et de mauvaises surprises. Commençons par l’annulation du Japan Expo 7ème impact qui se tiendra finalement cette année, que l’Epitanime et la nouvelle convention Taifu Festa initiée par Taifu Comics auront bien eu du mal à remplacer. La bonne surprise, en revanche, aura été l’arrivée sur le marché des éditions Ankama avec le manga Dofus tiré du jeu du même nom développé par la branche multimédia d’Ankama.

Voilà donc un bilan d’une année 2005 mitigée, mi-figue mi-raisin. Le marché est en constante évolution, grossissant presque à vue d’oeil. Espérons qu’une certaine stabilité saura s’instaurer avant qu’un grand cataclysme éditorial ne se produise.

Chronique publiée le 06 janvier 2006
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